Les croisements avec L'Akita Matagi (chasseurs d'ours) datent de 1868, depuis les caractéristiques de type Spitz ont pour ainsi dire disparu au
bénéfice de ceux appartenant aux molosses.
Il n'est probablement pas autochtone, l'archipel du Japon, formé de quatre grandes îles, n'avait à l'origine que des chiens de chasse de taille
moyenne, des nordiques de type Spitz avec les oreilles petites, droites et triangulaires et une queue enroulée. Il est possible que les premiers
molosses aient été introduits par les Chinois, des puissants montagnards issus des chaînes himalayennes du Tibet, ces fameux Dogues que l'on donne
comme les ancêtres de la grande famille des molosses.
Le premier Shogun (généralissime) des Tokugawa, leyasu, chassait, vers 1580, avec de grands chiens aux oreilles tombantes, qu'il nommait
Tôken. Les samouraïs avaient pour règle de vie d'être forts, fidèles à leurs seigneurs et insensibles à la douleur. Pour s'endurcir ils
avaient à franchir des épreuves très difficiles, leurs chiens se devaient d'être comme eux et étaient entraînés au combat. Il s'agissait surtout
de sujets proches des Akitas avec des types différents en fonction du lieu de leur création : Tosa, Shikoku, Kochi, etc.
Nous retrouvons le zen japonais qui vient du mot sanscrit Dhyana (méditation), une manière de vivre qui exige : çama (le calme du corps), dama
(le calme de l'esprit), titiksha (l'endurance à la souffrance physique et morale!).
On peut résumer celle-ci par Seiryo Ku ZenYo (utilisez votre énergie efficacement), avec bien sûr le respect de l'adversaire. On raconte que la
famille Shimadzu érigea un monument de pierre à Koya, pour tous ceux qui étaient tombés dans la Guerre des Coréens contre les Japonais de 1591 à
1598 hommes et chiens des deux bords. Dans la conception shintoïste, les hommes et tous les êtres de la nature sont Hara Kara (frères du même ventre).
Des spécialistes de l'entraînement au combat, véritables maîtres d'armes, sont chargés alors de sélectionner les meilleurs et de les préparer aux
affrontements.
Les premiers Européens, qui viennent avec leurs propres chiens de combat, surtout britanniques ou irlandais, de type Bulldog, vont leur démontrer
que ces chiens ne sont pas à la hauteur lorsqu'ils s'agit de combattre avec ces races fabriquées spécialement pour cela. C'est ce qui encouragea
les Japonais à croiser leurs meilleurs chiens avec eux, pour donner de la puissance et de la combativité, ils utilisèrent le Bull Mastiff, le
Mastiff, le Bulldog, le Bull Terrier ou le St Bernard. Le principal élevage se situe alors près de Nagasaki, dirigé par M. Otaka qui tente
d'harmoniser le type, tout en améliorant les qualités recherchées, comme la puissance et le courage.
En 1908, l'interdiction descombats ne va pas interrompre pour autant ces pratiques dégradantes qui plaisent tant aux humains, d'autant plus que
cela rapporte beaucoup d'argent et que la mafia japonaise, qui compte environ 90 000 Yakusa (ceux que l'on voit dans les films avec un large tatouage
sur le corps et l'auriculaire coupé !) trouve là un marché aussi intéressant que les courses de chevaux. Le principal syndicat Yamaguoshi Gumi
va développer ces combats clandestins dans la région d'Osaka, et émettre des règles très précises, proches de la lutte japonaise ou Sumo.
Si, en Angleterre l'aire de combat s'appelle " Pit ", au Japon c'est le " Dohyo " Chaque chien est présenté par son entraîneur selon un cérémonial
et porte des couleurs précises. Avant le combat on boit du saké et on jette du sel sur le ring. L'affrontement doit se faire en silence (l'aboiement
est éliminatoire) et dure environ 30 minutes, même un chien mortellement blessé ne doit pas émettre le moindre cri et, résister à la douleur " seri ".
Les blessés seront recousus sans anesthésie, les morts mis dans une caisse avec une courte prière, les vainqueurs loués, récompensés, ornés de houppes
de couleur et de riches colliers qui ont une signification, comme blanche le printemps, rouge l'été, bleu l'automne, noir l'hiver. A l'égal des
véritables sumotoris, ces chiens sont souvent suralimentés, leur rôle n'étant pas bâti sur la rapidité, mais plutôt
sur la puissance et le rapport de force. II existe d'ailleurs des catégories imitées du Sumo. Avant le combat des champions, on distribue à la foule
des gâteaux porte bonheur, dans cette catégorie c'est la maîtrise absolue, chaque chien sera noté par un juge selon une échelle de points.
Vers 1918, les derniers Tosas respectant le type originel vont disparaître, puisque la sélection ne tient plus compte d'un standard précis.
La seconde guerre mondiale va faire des coupes parmi toutes les races canines et le Tosa va avoir du mal à subsister. Grâce à quelques fanatiques,
la race sera reconstituée avec plus ou moins de bonheur, certains sujets ressemblant à des Mastiff, d'autres à des Cane Corso ou à des Rhodésian
Ridgeback ....
On peut dire que la base d'élevage au Japon a été développée dans la période qui va de 1868 à 1912 par des croisements entre le Kochi et le
Shikoku destiné aux combats avant d'être mêlée aux races étrangères comme Bulldog (1872), Mastiff (1874), Braque Allemand (1876), Dogue Allemand
(1924), St. Bernard, Bull terrier. A tel point qu'elle sera appelée quelquefois "Mastiff japonais". On sait qu'au Japon et en Chine les chiens européens
de type molossoïdp sont arrivés assez tôt, on retrouve par exemple la reproduction d'un Dogue Allemand noir
aux pieds blancs, marchant sous un mimosa, appelé : " chien aux pieds de neige " qui date de la dynastie Ts'ing en Chine (1644 1911).
Pendant la seconde Guerre Mondiale, tous les chiens furent confisqués par la police pour confectionner des vêtements avec leur peau pour les
militaires, sauf les Bergers Allemands, utilisés comme chiens de Guerre.